mercredi 30 octobre 2013

Ce chemin du bout du monde…

Jeudi 3 Octobre. Il est 6h quand mon portable sonne.

À peine réveillé, je souris.... Aujourd'hui, je vais à Ushuaia. Ushuaia, destination mythique car au bout du monde, destination marketing avec les fameux gels douche, destination politique avec la lutte écologiste de Nicolas Hulot. Pour moi, c'est un aboutissement après mon premier mois de voyage.

Petit dej rapidos avec le pain sur-nutrit préparé par Alex (USA) et départ pour le terminal dans un Puerto Natales encore endormi et dont les rues sont délicatement colorées par le lever du soleil.
Arrivé au terminal,  je vois un bus a destination de Punta Arenas, 1er tronçon du voyage... Je m'empresse de suremballer mon sac, comme je le fais a chaque fois avant de prendre un transport en commun. L'assistant du chauffeur me presse, et je ne comprends pas trop pourquoi car il est 7h20 et le bus part a 7h30. Je suis le dernier à monter dans le bus qui apparemment n'attendait plus que moi... Une fois dans le bus, je me retrouve avec 100% de locaux, ce qui me surprend un peu car ça ne m'est jamais arrivé auparavant et qu'Ushuaia est plutôt une destination touristique. Soudain, l'assistant du chauffeur m'attrape par le bras et me fait redescendre en gueulant "Pacheco, Pacheco!". Je me rends alors compte que je viens de me gourer de compagnie...
Tout penaud et pas encore bien réveillé, je rejoins le quai dans l'attente du bon bus.
Une voix m'interpelle: "oh, you again!". C'est Gary, un British rencontré une première fois dans le bus qui faisait Bariloche-El Calafate et une seconde fois dans la même chambre à El Chalten. Il est accompagné d’un couple de Suisse-Allemands que j’avais également rencontré à El Chalten.


Je monte dans le bon bus et le voyage commence... Nous traversons des paysages de pampa typiques de la Patagonie...
Peu avant Punta Arenas, le chauffeur nous fait descendre. Nous nous retrouvons, le couple de suisse allemands, Gary et moi, seuls au bord de la route dans l'attente d'une supposée correspondance au milieu de nulle part. Et là, faut avoir la foi pour croire qu'un bus va s'arrêter...  Mais ça devait être notre jour de chance car un bus arrive enfin.
Nous voici alors dans notre deuxième bus à destination de Rio Grande. Au bout de 3h, tout le monde descend! Nous attendons sur le quai pour une traversée en Ferry. Une fois sur L'île, nous voici repartis en bus sur une route non goudronnée, ce qui n'a pas l'air de déranger le chauffeur qui roule à  vive allure... Nous arrivons ensuite au checkpoint chilien de la frontière entre Chili et Argentine (je ne m'attarde pas sur le découpage alambiqué de la terre de feu qui relève de considérations géopolitiques qui non seulement me dépassent, mais qui pourraient aussi déclencher chez vous un bâillement impromptu). Le contrôle est assez rapide, je me débrouille tant bien que mal avec mes formulaires roses et jaunes et arrive à décrocher le tampon de sortie, c'est l'essentiel! Puis c'est le checkpoint argentin, qui met beauuucoup plus de temps.

Nous repartons enfin et arrivons à Rio Grande qui n'a de "Grande" que le nom...
Il est 16h57 et notre correspondance est supposée être a 17h (la prochaine est a 18h30). Je dois changer mon voucher contre un vrai billet à l'agence Lider. Le choix est critique: retirer les bagages en soute en premier et prendre le billet ensuite ou l'inverse? Je fonce au guichet! Je tends mon voucher et son duplicata à la guichetière qui me dit que c'est ok, tout en gardant les 2 tickets sans rien me donner en retour. Je bataille pour garder le duplicata à défaut d'un vrai billet (faut pas me prendre pour un lapin de 3 semaines, non mais oh!)

Nous voici repartis pour le dernier tronçon, dans un mini bus. Nous longeons la cote qui aurait des airs bretons sans la présence de guanacos sur le bord de la route. Puis tout à coup le paysage change, nous sommes dans de vastes plaines ou le soleil et les nuages menaçants s'engagent dans une guerre de contrastes, délimitant au sol leur territoire... La lumière est fantastique et donne cet avant goût du bout du Monde. Nous poursuivons ensuite avec un décor alpin aux sommets enneigés (on passe même sous un télésiège !).
Après 13h de route, 3 bus, 1 ferry, 2 passages de douane et un trajet qui donne l'impression d'avoir traversé un continent, me voilà enfin arrivé au bout du monde.

Comme au réveil ce matin, je souris à nouveau...












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