dimanche 24 novembre 2013

Les Mines de Potosi, au-delà du réel...


Aller ou ne pas aller aux mines de Potosi ?...

Les mines d’argent de Potosi, exploitées depuis le XVIe Siècle ont fait en partie la fortune de l’Espagne…. Mais dans des conditions d‘exploitation abominables…
Encore en activité aujourd’hui, elles font également l’objet d’excursions « touristiques ».
Dès lors la question se pose : Faut-il se laisser aller à un voyeurisme sadique consistant à observer des mineurs travaillant dans des conditions particulièrement difficiles ou telle une autruche ayant perdu ses clés dans le désert, se voiler la face et continuer sa route ?...
(Au passage, ça me ferait bien chier de voir des hordes de touristes, débarquer le lundi matin dans l’open-space, chaussettes dans les sandales et bob vissé sur la caboche … mais je m’égare, le débat n’est pas là !)
Je prends finalement la décision d’y aller. J’ai besoin de voir la réalité de mes propres yeux.

Je passe par une agence d’anciens mineurs qui me font payer le double du prix des autres agences : acte socialement responsable ou pigeonnage en beauté ?
Nous nous arrêtons dans un premier temps dans la « minor street » pour acheter des cadeaux aux mineurs que nous croiserons. Tout y est : Coca, dynamite, alcool à 96°…
J’achète des feuilles de coca et du jus de fruit mais ne me prive pas d’une petite dégustation de l’alcool à 96°… Aouch !
Après nous être équipés intégralement (casque, combinaison, bottes et foulard pour la poussière), nous prenons la route pour la mine.
Une fois dans les galeries, l’environnement est effectivement hostile. Obscurité, étroitesse des couloirs, chaleur, difficulté à respirer (altitude et poussière) rendent la progression particulièrement difficile. Pour autant, le guide détend l’atmosphère en distillant ses blagues entre chaque explication sérieuse…
« Dynamisme, attitude positive et sens de l’humour  sont les qualités essentielles du mineur. »
« Nous travaillons dans la mine de générations en générations et nous en sommes fiers. »
« Nous sommes fiers de montrer notre mine aux touristes. »
Cette fierté et cette bonne humeur rendent la visite « presque » agréable…
Je ressors néanmoins de cette visite profondément troublé par le contraste entre ce que j’ai vu et ce que j’ai entendu…

Quelques jours plus tard, je vois le film « The Devil’s Miner » à Sucre ; un documentaire allemand qui apporte un autre éclairage particulièrement dramatique sur le travail dans les mines de Potosi, notamment par l’angle du travail des enfants…

Je ne sais que penser… entre une visite pour touristes présentant une réalité apparemment très édulcorée et un documentaire accablant réalisé par des étrangers, la vérité est ailleurs…








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