Aller ou ne
pas aller aux mines de Potosi ?...
Les mines
d’argent de Potosi, exploitées depuis le XVIe Siècle ont fait en partie la
fortune de l’Espagne…. Mais dans des conditions d‘exploitation abominables…
Encore en
activité aujourd’hui, elles font également l’objet d’excursions
« touristiques ».
Dès lors la
question se pose : Faut-il se laisser aller à un voyeurisme sadique
consistant à observer des mineurs travaillant dans des conditions
particulièrement difficiles ou telle une autruche ayant perdu ses clés dans le
désert, se voiler la face et continuer sa route ?...
(Au passage,
ça me ferait bien chier de voir des hordes de touristes, débarquer le lundi
matin dans l’open-space, chaussettes dans les sandales et bob vissé sur la
caboche … mais je m’égare, le débat n’est pas là !)
Je prends finalement
la décision d’y aller. J’ai besoin de voir la réalité de mes propres yeux.
Je passe par une agence d’anciens mineurs qui me font payer le double du prix des autres agences : acte socialement responsable ou pigeonnage en beauté ?
Nous nous
arrêtons dans un premier temps dans la « minor street » pour acheter
des cadeaux aux mineurs que nous croiserons. Tout y est : Coca, dynamite,
alcool à 96°…
J’achète des
feuilles de coca et du jus de fruit mais ne me prive pas d’une petite dégustation
de l’alcool à 96°… Aouch !
Après nous
être équipés intégralement (casque, combinaison, bottes et foulard pour la
poussière), nous prenons la route pour la mine.
Une fois
dans les galeries, l’environnement est effectivement hostile. Obscurité,
étroitesse des couloirs, chaleur, difficulté à respirer (altitude et
poussière) rendent la progression particulièrement difficile. Pour autant, le
guide détend l’atmosphère en distillant ses blagues entre chaque explication
sérieuse…
« Dynamisme,
attitude positive et sens de l’humour sont les qualités essentielles du
mineur. »
« Nous
travaillons dans la mine de générations en générations et nous en sommes
fiers. »
« Nous
sommes fiers de montrer notre mine aux touristes. »
Cette fierté
et cette bonne humeur rendent la visite « presque » agréable…
Je ressors
néanmoins de cette visite profondément troublé par le contraste entre ce que
j’ai vu et ce que j’ai entendu…
Quelques
jours plus tard, je vois le film « The Devil’s Miner » à Sucre ;
un documentaire allemand qui apporte un autre éclairage particulièrement
dramatique sur le travail dans les mines de Potosi, notamment par l’angle du
travail des enfants…
Je ne sais
que penser… entre une visite pour touristes présentant une réalité apparemment
très édulcorée et un documentaire accablant réalisé par des étrangers, la
vérité est ailleurs…
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